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Ma vie aquatique

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vendredi 2 juin 2006

Et ensuite, tout s'accélère...

Nager, c'est fatigant, mais faire le fanclub ce n'est pas mal non plus...

Lorsque je sors de l'eau, je sais que Cindy (du club Aquadrôme, avec qui j'ai fait le stage de préparation) est déjà à l'appel avec les cadettes et les autres minimes, je ne pourrais pas l'encourager mais juste assister à son départ. Je bois deux grands chocolats chauds au stand du ravitaillement qui me font un bien fou malgré les 35°C de température extérieure... puis je vais vite la voir partir.



Je croise les doigts pour elle, je sais qu'elle peut faire un très bon résultat et je me dépêche d'aller prendre une douche.
Mais je ne traîne pas car c'est déjà l'heure de l'appel des seniors hommes. Je veux voir Quentin (d'Aquadrôme) et la brillante équipe du CANAP, Cyrille et Sylvain (voir l'album photo du CANAP). Quentin a les pieds trop serrés par les bandages qu'il s'est fait, je l'aide en catastrophe, je me coupe l'orteil sur un coquillage. Je vais penser très fort à lui car nous sommes du même niveau et je connais ses angoisses. Je rejoins en vitesse la pointe pour assister au départ des seniors.



Il est 13 h 10, je suis arrivée depuis 10 h 30 et je n'ai toujours pas mangé... Mais je n'ai pas le temps car Cindy pointe son nez à l'arrivée en 3e position chez les minimes ! 1 h 17 : c'est une superbe performance car c'est sa première année en minime. Léa Tirbisch d'Uckange était absolument intouchable avec un temps d'1 h 09. Cindy est très heureuse de son résultat.



Je commence à avoir sérieusement faim, je vais donc casser la croute en vitesse car les seniors femmes vont bientôt partir. Je retrouve Odile (du CSA Lyautey) et Catherine (du CANAP) mes partenaires de stage dans la chambre d'appel.



Leïla est là aussi, rayonnante, avec sa jolie palme.






Il fait très chaud, c'est la dernière course de la journée et l'attente a dû être vraiment pénible pour les nageuses...

Je vais les voir partir et déjà les premiers seniors hommes arrivent. Raphaël Smolin-Froissart arrive en 59'56" !
Cyrille arrive en 14e position et Nicolas est 21e, un très bon classement puisqu'ils étaient 60 au départ.
Quentin arrive après 1 h 35 de course, je l'ai battu pour une minute... mais il est 8e de sa catégorie, les espoirs.
Il a l'air très heureux d'être là, ça fait plaisir à voir.





Si on regarde de près le dos de Quentin, on aperçoit un bronzage étrange... car il avait mis un maillot une pièce pour tenir son pantalon (et ainsi se passer de veste pour avoir moins chaud). C'est très efficace pour tenir le pantalon, mais pour le bronzage, ça le fait moins...

Je me dis que j'ai le temps d'aller me faire soigner les pieds à l'infirmerie, mais le temps que le médecin aille à la pêche aux derniers pansements qui lui restent, les femmes arrivent à leur tour et je rate tout. Leïla passe la ligne en 2e position (1 h 06' 09") derrière Emilie Thienot (1 h 05' 28"). Odile s'est défoncée : elle arrive 9e en 1 h 18' 04", une superbe place (c'est dans les 10 premiers, ça fait classe ;-)). Catherine se classe 17e en 1 h 30' 07". Décidément, tous mes amis ont de quoi être satisfaits (sauf Jérôme qui a été disqualifié). C'est un grand soulagement, on sent que désormais tout le monde est détendu. Il est temps de faire la fête !

mercredi 31 mai 2006

Ma course

Je suis dans l'eau, entre les bouées de départ, au milieu des 60 autres concurrents vétérans et j'attends. Il y a trois rangées de personnes et malheureusement je suis devant. Je pense à ceux qui sont derrière et qui vont me passer par dessus dans un instant. La première bouée est invisible à l'oeil nu. Elle se trouve en face de nous, quelque part là où le soleil miroite. Que c'est long d'attendre...

Le signal retentit, je me déporte un peu à l'extérieur pour éviter les coups, une monopalme me claque violemment sur les doigts, ça me fait peur mais heureusement ce n'est rien. Et c'est parti, voilà je suis dans la course. J'essaye de ne pas aller trop vite. Je sens que je me déporte trop vers l'extérieur, je ramène. Je vise vaguement le petit arbre mort, mais est-ce bien le petit arbre mort que j'entrevois à chaque levée de tête ? Je pense à mon mouvement, mon bassin, jambes tendues, bras tendus. Je manque la première bouée mais ce n'est pas grave, ce n'est pas une bouée de contrôle. Je finis par apercevoir la bouée n°2. C'est une grosse bouée gonflable jaune. Elle est grosse alors elle ne s'approche pas vite... Je tourne bien les bras en passant la bouée, je revois les entraînement du stage, je sors un peu la tête de l'eau pour sourire aux juges qui sont dans le bateau et je change de direction. Maintenant, plein cap sur la bouée rouge. Je me prends le clapot de face. Je me lance vers une tache rouge mais je m'aperçois tout à coup qu'il s'agit d'un bateau et pas de la bouée. Je rectifie le tir. Il y a des nageurs autour de moi, sur les côtés, j'essaie de les semer mais dès que j'ai l'impression d'avoir pris de l'avance, ils remontent. Je décide d'arrêter de les surveiller. Le clapot est assez violent, chaque levée de tête est une prise au vent. J'essaie de lever la tête moins souvent, tous les 12 mouvements, c'est bon j'arrive à garder le cap, tous les 15 mouvements, c'est bon. L'eau rentre dans mon tuba à cause du clapot, quand je ne peux pas la souffler, je l'avale, le sel m'écoeure.

Je passe la bouée rouge, un regard vers les juges, ouf plus de clapot, je vise la grosse bouée jaune qui se trouve près de l'arrivée. Quand j'y serai j'aurai fini le premier tour, j'aurai dépassé la moitié donc le plus dur sera fait. Je me relance pour garder un bon rythme, j'ai l'impression que je pourrai le tenir, je veux me débarrasser de ceux qui m'entourent, il me semble que je m'oriente mieux qu'eux. Je prends un rythme de 12 mouvements.

Je passe la bouée jaune. Du coin de l'oeil je vois l'entonnoir d'arrivée et je me dis que j'ai hâte de repasser par là... C'est reparti pour un tour. Je me relance. Tu es aux championnats de France, tu t'es bien entraînée tous ces mois, c'est le moment de donner le meilleur. Cette fois je vois la bouée intermédiaire, mais la bouée jaune du fond me paraît encore plus éloignée qu'au premier tour. Quand je vire en direction de la bouée rouge, je commence à sentir la fatigue. Je retrouve le clapot. Ran, ran, ran, "j'avance toujours, j'avance", je me laisse porter par le rythme de la nage, dès qu'il baisse je relance. Je reprends mon rythme de 15. Le temps se distend. Il me semble que cela fait très longtemps que je nage. Je me dis que je vais dépasser les 1 h 30 (j'ai une très bonne horloge interne !) et ça me déçoit car j'ai l'impression de nager plus vite que d'habitude. Le capot me fatigue beaucoup, je bois de plus en plus d'eau par le tuba et j'ai la nausée. Je me demande si je vais vomir comme Quentin à St Nazaire, quelle horreur, j'arrête de pense à ça. Je vire à la bouée rouge, wouha ça va mieux.

C'est la dernière ligne droite. Plus que 800 m et je serai à la dernière bouée. J'accélère, je me dis que s'il y a quelqu'un derrière moi, ce serait bête de me faire doubler à la fin. Je me dis que ceux qui me suivent sont en train d'accélérer eux aussi. Qu'elle est grosse et loin de moi cette dernière bouée ! Je la passe enfin, petit regard vers les juges et je vise l'entonnoir. Catherine m'a dit : vise la tâche blanche du plan incliné, j'exécute. Je vois sur les bord de mon champ de vision les deux bouées oranges de l'entonnoir. Je crois qu'il s'agit des bouée d'entrée mais je me rends compte ensuite qu'il s'agit des bouée de sortie, celles qui tracent la ligne d'arrivée. Alors je sprinte à fond, je donne tout et j'ai l'impression qu'il me reste encore du jus, bof pas tant que ça finalement. Je veux avoir un beau style de nage pour passer la ligne, on me regarde. Et voilà, c'est fini.



Je suis très heureuse, j'ai tout donné, je suis restée bien concentrée et positive. Sur le bord, mes amis sont là et me font signe. Quel bonheur d'être attendu par quelques uns. J'arrache mon tuba, mon pince-nez et je respire librement. J'ai l'impression que je bois l'air comme un verre de lait frais. Je rejoins le plan incliné pour sortir. Ils sont là, avec mes claquettes, photos, sourires. Catherine m'annonce mon temps et mon classement : je suis 13e femme en 1 h 34. Je suis déçue par ce temps, j'aurai voulu faire moins d'1 h 25 mais j'apprendrai ensuite que ça a été long pour tout le monde. Le classement n'a pas tellement d'importance pour moi. Il signifie surtout que je ne suis pas dernière, que j'avais ma place dans ce critérium, que je n'ai pas à avoir honte. Comme je suis contente de l'avoir fait, comme j'ai bien fait d'écouter vos conseils. La position debout est difficile à retrouver, je trébuche.



Je retrouve René qui a bien nagé et Jérôme qui pense malheureusement être disqualifié. Je suis très déçue pour lui.



Mes pieds saignent un peu mais je ne sens rien. Je suis bien.

mardi 30 mai 2006

Avant la course

A partir du vendredi, en voyant nager les autres la pression a commencé à monter. Mais rapidement je suis arrivée à me concentrer et à garder des idées positives ! Le truc que je redoutais vraiment, c'était d'arriver dernière... Au départ, je m'étais dit que je participerai aux championnats de France le jour où j'arriverai à nager 6 km en 1 h 20 environ (au lieu de 1 h 30). Il me semble que j'ai progressé cette année mais pas autant que ça. J'ai dû gagner 5 minutes je pense. Et puis comme tout le monde dit, ce n'est pas évident de comparer une course avec une autre. Alors arriver dernière ça aurait signifié que je n'étais pas à ma place à ces championnats. Et pourtant il en faut bien des derniers.

J'ai recherché plutôt le calme et la solitude ce qui fait que je n'ai peut-être pas été très sympa avec ceux que j'ai hébergé le vendredi soir (pardon Odile, Eric et Jérôme !). La nuit a été difficile, avec beaucoup de réveils, mais le matin j'étais d'attaque pour affronter la course. J'étais quand même bien contente de nager tôt, de ne pas être obligée d'attendre l'après-midi !

Avant d'entrer dans la chambre d'appel, Catherine (qui a bien voulu être mon capitaine d'équipe, moi qui suis une équipe à moi toute seule...) m'a donné quelques conseils de dernière minute. Ces moments sont très importants pour la confiance en soi. On a quelqu'un qui vous dit "fais comme ci, fais comme ça", pas de questions à se poser et si cette personne vous parle ainsi c'est qu'elle croit en vous. C'est quand même agréable de ne pas être seul, d'avoir quelqu'un à qui confier ses claquettes (!), merci Catherine !!! C'est agréable aussi d'avoir des copains qui nagent sur la même course même si on est TOUJOURS TOUT SEUL quand on nage.
René dit que tout ça, les trucs qui se passent dans la tête des nageurs (voir l'article), c'est des histoires de filles, que les mecs sont beaucoup plus simples. Est-ce que c'est bien vrai ???



J'ai l'air détendue non ? eh bien, c'est du bidon !



Avec René et Jérôme, vaillants vétérans...
René arrivera 7 e en 1 h 19
Jérôme sera malheureusement disqualifié pour avoir manqué la bouée n°2...



On voit bien sur cette photo que les claquettes du nageur sont un objet sacré ! Dans la procession Jean-Luc ouvre la marche, suivi de Catherine (et mes claquettes) et de Georgette... Ils s'empressent de rejoindre le lieu du départ pendant que les nageurs y vont... à la nage.

lundi 29 mai 2006

Les 20 kms

Je me suis levée de bonne heure le vendredi matin pour aller nager avant le départ des 20 kms.
Sans même déjeuner, je me mets à l'eau dans ce qui sera quelques heures plus tard la chambre d'appel. L'eau doit faire 18°c, je mets seulement le pantalon et je nage en direction de la première bouée pour voir s'il est possible de prendre des amers. J'ai appris par Riton que la bouée 1 ne sera pas un point de contrôle et qu'elle sera petite. Il faudra viser d'emblée la bouée 2 mais à 1400 m de là, elle risque fort de ne pas être visible...



Pour les amers, ce n'est pas évident car les bords de l'étang de ce côté sont uniformes (petits arbres), il y a vaguement un arbre mort et un pylone qui se distinguent mais ils ne sont vraiment pas faciles à voir, ça promet ! L'eau est salée mais pas trop, ça ne devrait pas être gênant pendant la course.

A 10 heures, c'est l'appel des nageurs du 20 km, 7 hommes et 7 femmes. Pas nombreux les courageux... Une fille salue ses amis venus l'encourager : "à demain !" dit-elle, tout le monde éclate de rire et ça détend un peu l'atmosphère qui est plutôt pesante... Jacques est là. Carole aussi.



Je me suis sentie tendue à partir de ce moment là. Peut-être parce que la quiétude du lieu tranchait vivement avec le stress des nageurs. Peut-être parce que cela signifiait que la compétition commençait vraiment. Chacun était très concentré, pas un geste superflu, et le rare public gardait un silence respectueux.



Carole chaussant sa palme.

La chambre d'appel était plutôt bien faite. Elle était située sur une petite plage tranquille à 400 m du départ. Rejoindre le départ constituait donc un petit échauffement.



Puis il y a eu l'attente du départ entre les deux bouées qui semblait interminable mais qui n'était rien pourtant au regard de la durée de la course qui se préparait.



Ensuite ils sont partis et le temps s'est allongé. Le public ne pouvait pas voir grand chose. On s'échangeait des "ils en sont où ?", "ché pas...". On aurait voulu partager des choses avec eux, mais ils étaient seuls, hors d'atteinte.

Chez les hommes, Bertrand Arsène arrive premier en 3 h 59'. Jacques est 4e à 1 tour, il n'a pas pu finir, il a eu super chaud dans sa combine et ça lui serrait les épaules (voir son récit).

Carole arrive 2e en 4 h 22 derrière Florence Marge (4 h 15). Elle a eu trop de poisse : elle a perdu son dossard (comme plein d'autres concurrents, sans doute à cause du vent) et elle a cru qu'elle serait disqualifiée, elle a donc relaché son rythme alors qu'elle se trouvait assez près de Florence. Quand elle a su que finalement elle ne serait pas disqualifiée, l'écart s'était creusé et il était difficile de revenir. Quoiqu'il en soit, c'est un super résultat !

dimanche 28 mai 2006

Voilà, ça y est, j'y suis...

Jeudi 17 h, j'arrive au VVF du Ponant à la Grande Motte. C'est mon premier VVF ! Il fait 30°c, le sol est recouvert d'une fine poussière qui s'insinue partout. La chaleur brutale m'assomme. A l'accueil, j'apprends que j'occupe le bungalow n°175. On me donne un plan. J'erre dans un dédale de petites constructions qui ressemblent assez à celle où Luke Skywalker a passé son enfance.



Je trouve enfin le °175. Le portillon ouvre sur une minuscule courette entourée de hauts murs.



C'est un bungalow pour 5 personnes que j'occuperai seule. A l'intérieur je trouve un peu de fraicheur et de calme.

Je m'installe et à 18 h je vais voir du côté de l'accueil où se passe la vérification du matériel . En chemin je croise Carole qui nage le 20 km demain. Elle est dans un état second, elle stresse à mort, ça fait mal de la voir comme ça. C'est Riton qui officie à la vérif du matos. On y assiste à des scènes terribles comme celle de ce jeune homme sciant son tuba...



eh oui la longueur est règlementaire et on coupe tout ce qui dépasse ! Heureusement qu'il n'y a pas un gabarit pour les nageurs...

Je vais chercher mon dossard, j'ai le numéro 118. Je retrouve mes amis du stage : Cindy qui stresse un peu, Georgette, puis Quentin assez cool. Puis je rencontre Jacques et j'attends avec lui la fin de la réunion technique. Carole passe par là, elle l'air plus détendue. Ils m'encouragent tous les 2 à faire le 20 km au Bourget... Jacques évoque son premier 20 km en championnat de France et ces moments difficiles où il a eu envie qu'on le double pour éviter d'avoir à finir. Car aux championnats de France, à la fin du 20 km, ceux qui ont plus d'un tour de retard doivent s'arrêter... Il me raconte plein de choses passionnantes et on échange nos impressions de blogueurs. Leila passe en coup de vent, on se reconnait, on s'embrasse en vitesse, elle doit aller nager...

Au repas, je rencontre Sylvie et j'en apprends un peu plus sur elle et sur ce miracle qui fait qu'après deux ans seulement de mono, elle explose les records nationaux en V2. Elle a l'impression que le temps lui est compté et ça la stresse : il faut réussir maintenant où jamais...

Repas grec le soir (dommage qu'Estelle ne soit pas là, elle adore ça !), je m'empiffre de dolmades, feta, moussaka aux pâtes.

J'écris dans mon lit, j'entends le vent qui se lève et qui bruisse fort dans les arbres. Soufflera-t-il ainsi quand nous nagerons ?