La ville de Montbéliard est très réputée pour ses sauveteurs en mer, oui ! A Marseille, j'ai rencontré une dame sauveteur en mer qui connaissait bien notre ville de réputation... en fait les gens ici sont si frustrés d'être si loin de la mer qu'ils finissent dans les premières places aux examens !!!
Moi j'aimerais bien pratiquer le sauvetage comme
Jacques, ça a l'air super, mais quand même, c'est vraiment trop loin la mer ! Alors nous on pratique le sauvetage... en rivière.
Ou plutôt : on assure la sécurité sur les compétitions de canöé-kayak à Goumois. C'est ce qu'on a fait dimanche dernier. On se place sur la berge, de chaque côté, et on surveille les concurrents. Si l'un d'entre eux se retourne et est éjecté de son bateau, ou s'il se retourne mais qu'il n'arrive pas à esquimauter ni à sortir du bateau, on se jette à l'eau pour le récupérer ainsi que son matériel. Et le Doubs à Goumois, c'est assez impressionnant !
Parfois on a la chance de voir
de grands champions, on est trop bien placé, comme
en mai 2005.
Surtout, il ne faut pas "sauver" quelqu'un qui risque de réussir son esquimautage et de poursuivre sa course, car si on l'intercepte, c'est fini pour lui, il est éliminé... Il faut être bien sûr qu'il ne va pas se retourner.
Le plus dur, c'est de partir au bon moment, il y a tellement de courant que si on part trop tôt, c'est fichu. Il vaut mieux partir à peine trop tard et palmer comme un malade pour rattraper le concurrent ou son matériel. C'est une décision qui se prend dans une fraction de seconde.
Question matos, on est en combine, chaussons, gants, bi-palmes avec fixe-palmes, un gilet, un casque.
Et on reste comme ça pendant des heures, à surveiller les concurrents qui passent... au bout d'un moment, on a vachement envie que l'un d'eux passe à la flotte lol ... Quand on attrape un kayakiste dans le courant, il faut le tenir le plus haut possible dans l'eau pour qu'il puisse bien respirer, car en général ils sont déjà essouflés par leur course alors le passage à la flotte n'arrange rien... Il faut savoir aussi qu'il sont rarement super reconnaissant envers nous car ils sont très en colère d'avoir raté leur manche et ils ne pensent qu'à ça. Comme pour le sauvetage en mer, il faut éviter qu'ils nous agrippent et nous empêchent de bouger ou de respirer, par exemple en nous appuyant la tête dans l'eau... pas toujours facile ! Heureusement, à la fin du parcours il y a une étendue plus calme où on peut s'arrêter et où les kayakistes sortent de l'eau. Nous, il nous faut parfois remonter le courant pour rejoindre au plus vite notre poste.
Quand on est passé à la flotte une fois, qu'on est tout mouillé et qu'on attend sur le bord, parfois on se gèle vraiment, c'est l'horreur ! D'autre fois le soleil tape à mort et on crève de chaud dans les combines. Et si la journée est passée sans qu'on aille à l'eau, quand la compétition est fini, on s'y jette juste pour le plaisir...
